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Informations sur l’arrêt du tabac

L’hypnose pour arrêter de fumer: une méthode efficace ?

(source : www.stop-tabac.ch/fr/hypnose)

Dans le cadre du sevrage tabagique, l’hypnose pourrait agir en réduisant l’envie de fumer, en augmentant la volonté d’arrêter, ou en renforçant la concentration sur un traitement visant à l’arrêt du tabac. Que nous montrent les études réalisées? Peut- on dire que l’hypnose est une méthode efficace pour arrêter de fumer? Le point sur les connaissances actuelles.

Hypnose et sevrage tabagique

L’hypnose est une méthode d’aide du sevrage tabagique largement proposée aux États-Unis. Elle se présente comme un moyen d’action sur les impulsions sous-jacentes afin de diminuer l’envie de fumer ou de renforcer la volonté d’arrêter. Différents types d’hypnothérapie sont utilisés pour essayer d’aider les gens à arrêter de fumer. Certaines méthodes tentent de diminuer chez le fumeur son envie de fumer, de renforcer sa volonté d’arrêter ou de l’aider à se concentrer sur un programme de sevrage tabagique.  Il y aurait 5 façons de pratiquer l’hypnose dans le cadre du sevrage tabagique:

1.- Suggérer directement au fumeur de changer de comportement.

2.- Hypnotiser pour qu’il modifie sa perception de son comportement de dépendance.

3.- Faire de l’hypnothérapie, c’est à dire utiliser l’hypnose comme adjuvant à la psychothérapie verbale.

4.- Hypnoaversion, c’est à dire suggérer au sujet que fumer lui répugne.

5.- Autohypnose, comme adjuvant du traitement hypnotique.

L’hypnose est souvent associée à des méthodes comportementales: imagerie, suggestions, désensibilisation, auto-relaxation, méthodes aversives, renforcements positifs ou négatifs, comportements de substitution etc… Elle peut se pratiquer en groupe.

La méthode la plus courante est celle du psychiatre américain Herbert Spiegel, qui comporte trois suggestions essentielles:

• la fumée est un poison

• le corps mérite d’être protégé de la fumée

• il est possible et agréable de vivre sans fumée

Cette approche inclut de l’auto-hypnose.

Une autre approche, d’inspiration éricksonienne, visé à retrouver le plaisir de se sentir libre. Le tabagisme n’est pas évoqué pendant les séances.

Sevrage tabagique et hypnose : ce qu’en disent les études

Beaucoup d’études portant sur hypnothérapie et sevrage tabagique annonçant de bons taux de sevrage à 6 ou 12 mois sont des études non contrôlées non randomisées. Des études montrent ainsi des taux d’arrêt de 20 à 35% avec la méthode de Spiegel. Il est difficile de montrer l’efficacité éventuelle de l’hypnose dans le sevrage tabagique car il existe de nombreuses manières de pratiquer l’hypnose. En outre, comme l’hypnose on l’a dit est souvent associée à d’autres méthodes, il est difficile d’évaluer ce qui revient à l’hypnose. Une étude randomisée de mai 2008 montré par exemple un taux d’arrêt de 20% à 12 mois, mais les séances d’hypnose étaient combinées avec des patchs.(1)

Une méta-analyse de 2010 de la Cochrane-Library (sur 11études ayant comparé l’hypnothérapie avec 18 interventions de contrôle différentes) montre une hétérogénéité significative entre les résultats des différentes études, avec des résultats contradictoires concernant l’efficacité de l’hypnothérapie comparée à celles de l’absence de traitement, du conseil ou du traitement. (2) Ces différents essais ont porté sur des hypnothérapies de types et d’intensités variées et les ont comparées à différentes conditions de contrôle, comme l’absence de traitement, les conseils brefs ou le counseling antitabagique. Cette méta-analyse n’a pas pu montrer l’efficacité de l’hypnose en matière de sevrage tabagique ou sa supériorité sur d’autres méthodes de sevrage. On peut juste dire qu’il est possible que l’hypnothérapie puisse être aussi efficace que le counseling (échanges lors d’une rencontre avec un professionnel de santé ou des services sociaux), mais on ne dispose pas aujourd’hui de suffisamment de preuves pour en être certain.

Une récente étude publiée en 2013 a étudié l’efficacité de l’hypnose en groupe sur le sevrage tabagique. (3) Conclusion: les résultats corroborent ceux de la méta-analyse de 2011. L’étude n’a pas pu prouver l’efficacité ou la supériorité de ce traitement par rapport à d’autres méthodes de sevrage. Les taux d’abstinence de 15 à 18% 6 mois après l’intervention (traitement par hypnose ou par détente) sont cependant nettement supérieurs à ceux des personnes arrêtant de fumer sans aucune aide, soit environ 7%. Ce qui montre « que le contact avec un thérapeute et/ou l’entraînement mental a été efficace » concluent les auteurs de l’étude. Mais ils soulignent que l’effet groupe ou une forte motivation de départ des participants pourrait également expliquer ce taux supérieur. Élément intéressant: deux semaines après l’intervention, les symptômes de sevrage étaient nettement plus faibles chez les non-fumeurs du groupe traités par hypnose que chez les non-fumeurs traités par la détente.

Il serait utile que d’autres essais contrôlés randomisés apportent plus d’information sur l’efficacité éventuelle de l’hypnose (et quel type d’hypnose pourrait être efficace dans ce cas ) comme traitement de sevrage tabagique ou comme co-traitement (avec des substituts nicotiniques par exemple) mais aussi permettent de définir des facteurs prédictifs de son efficacité éventuelle (pour quels types de fumeurs l’hypnose pourrait-elle être bénéfique?-l’étude randomisée de 2008 citée ci-dessus a par exemple montré que les fumeurs ayant des antécédents de dépression traités par hypnose avaient un meilleur taux d’arrêt à 6 et 12 mois que ceux ayant bénéficié de counseling-.

Références

(1) Carmody TP, et al Hypnosis for smoking cessation: a randomized trial.Nicotine Tob Res. 2008 May;10(5):811-8. doi: 10.1080/14622200802023833.

(2)Jo Barnes , Christine Y Dong , Hayden McRobbie , Natalie Walker , Monaz Mehta and Lindsay F Stead , Hypnotherapy for smoking cessation, NsReview,  Online Publication Date: October 2010

(3)Maria Dickson-Spillmann, Severin Haug and Michael P Schaub,  Group hypnosis vs. relaxation for smoking cessation in adults: a cluster-randomised controlled trial, Article publié dans BMC Public Health 2013, 13:1227

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